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  • Les Femmes Au Tombeau (2014) © Nicolas Alquin
  • Le Traversé (2022) © Nicolas Alquin
  • Le Nouveau Né (1993) © Nicolas Alquin
  • La Visitation Nicolas Alquin

Elle et le chemin par Nicolas Alquin

Du samedi 26 novembre 2022 au lundi 6 mars 2023

Exposition autour de la Nativité dans le chœur de l'église abbatiale.
Inclus dans le billet d'entrée

Dans le cadre de Noël à Fontevraud, l’exposition “Elle et le chemin” par Nicolas Alquin vous invite au voyage à travers d’IMPRESSIONANTES sculptures. Articulées autour du sujet de la Nativité, découvrez 12 œuvres de l’artiste belge magnifiées dans le chœur de l’église abbatiale de l’abbaye.

 

« À Fontevraud, dans cette page devenue blanche, dans cette nef devenue vide, dans cette geôle disparue, au-dessus des tombeaux, sous la voûte immense, je t’ai retrouvé Nouveau-Né que j’ai sculpté, il y a longtemps. 

De mémoire je t’avais extrait de trois poutres récupérées du couvent des Cordeliers en 1993. Un peu de peinture grise Contre-Réforme se voyait encore sur tes flancs. Après avoir été présenté dans une exposition « Du désir de spiritualité dans l’art contemporain » à Boulogne, passé de mains en mains, tu avais finalement été recueilli par un ami nommé Gilbert, en Belgique. Sculpture iconique où l’être a pris sa place au cœur du bois, je croyais ne jamais te revoir, pourtant, cœur battu, tu bats et te voilà. 

J’avais reçu cette forme simple dans ma jeunesse comme une amande qui s’ouvre, comme une naissance, avec un sentiment d’évidence. 

Ce que vous voyez là n’est qu’une œuvre de bois taillée qui court sur son erre. Ce que vous voyez là n’est pas l’art, c’est son résultat. L’art n’est pas inerte, l’art est ardent, il est mouvement.
Ce qui reste, c’est sa force d’inertie dans l’espace qu’elle ouvre. Cette errance arrive à quai, ici, au chœur de Fontevraud en décembre 2022. Pourquoi ici ? Grâce à Emmanuel qui me l’a demandé et parce qu’il y a un défi à relever dans la nuit de décembre. On veut y célébrer la Nativité et le temps est à l’obscurité.

 

Où étions-nous il n’y a pas si longtemps quand, du plus profond, derrière le nuage de Oort, derrière la ceinture de glace qui entoure notre système solaire, de plus loin que les eaux du ciel ont la trace, à travers les marées galactiques les plus mystérieuses s’est avancé un objet stellaire juste au-dessus de nous, au-dessus de la Judée ? 

 

Des flammèches montaient d’un feu alimenté par des gardiens de troupeaux et ces brandons vivaient un peu dans le noir à la manière des étoiles. Quelqu’un a remué une bûche qui a crépité, lançant davantage de lumière sur la Terre. 

 

Dans la pierraille rude, un figuier puisait de l’humidité et des nutriments, tout ce que son système racinaire pouvait tirer de là pour monter plus haut. Bientôt on viendrait à lui.

 

Le ciel d’encre n’était encore qu’un grand puits, on n’y voyait poindre qu’un indigo prudent. D’aucuns virent un astre de plus. Au sol, un humain venait de naitre dans une mangeoire de bois.  

 

Il n’y a pas de matière plus contemporaine à l’être humain que le bois. Sans l’arbre, pas de photosynthèse, pas d’oxygène renouvelé sur la surface critique où nous vivons. Quand on observe la structure du bois au microscope, c’est un fagot de tubes. Le bois est vide. C’est pourquoi il accueille toutes les icônes, toutes les statues sacrées, les xoanons grecs disparus, plus précieuses que les marbres ou les bronzes des temples qui nous sont restés. C’est pourquoi il hante les masques Kananga dogon que l’on ne ressort que tous les 6o ans. C’est pourquoi les effigies bouddhistes d’Enku qu’il a taillées dans des bûches en échange d’un peu de riz nous sourient. C’est pourquoi les violons sonnent sous la voûte. C’est pourquoi les barques vides nous portent au-dessus du gouffre. C’est pourquoi Jésus est né dans une mangeoire de bois. Il n’y a pas de matière plus sacrée que le bois et Jésus l’a connue sous toutes ses formes, depuis son métier de charpentier appris de Joseph, jusque sur l’ouvrage de charpenterie où il est mort. Le bois vient de l’arbre qui vient de la terre et monte vers le ciel, c’est en lui que résonne la parole du Christ, de son premier à son dernier cri.

 

Autour de Lui j’ai sculpté pendant deux ans celle qui l’a porté, celles qui l’ont accompagné, celles qui l’ont aimé. 

 

Il y a douze œuvres ici dont une Annonciation, Suzanne ou le Lys, Marie-Madeleine ou la tresse, un ange, une main ouverte, Le traversé, et un hommage aux abbesses de Fontevraud. Elle et le chemin est le titre de cette exposition voyageuse. »

 

Nicolas Alquin

 

 

« Né en 1958 à Bruxelles dans une famille d’artistes, Nicolas Alquin, après avoir étudié la restauration d’œuvres d’art au musée des Arts et Traditions populaires, fréquente les ateliers des sculpteurs Reinhoud d’Haese et Etienne Martin. Il développe son lexique artistique selon trois vecteurs principaux : le bois (en taille directe) ; la cire d’abeille taillée et modelée dans la masse (parfois fondue en bronze) ; et l’encre sépia ou noire (pour des lavis au pinceau). Prenant à rebours les préceptes de la sculpture post-minimale, il déploie une pratique qui rejoue, non sans intensité, l’histoire de l’art, convoquant aussi bien des références à la marge que la grande histoire de la sculpture. Dans un dialogue incessant entre l’héritage iconographique judéo-chrétien et l’influence des sculptures primitives (tant africaines qu’orientales) sur l’art occidental contemporain, Nicolas Alquin matérialise à travers ses œuvres une réflexion sur les relations entre le visible et l’indicible, la main et l’esprit, ou encore la maîtrise et l’aléatoire. Ainsi, il n’hésite pas à s’approprier des techniques dites « traditionnelles » (la taille directe du bois en première ligne, le ciselage du bronze) pour les teinter d’influences diverses et les remettre en perspective. »

 

Extrait d’un texte de Marc Bembekoff.

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